Salut ! Voici une jolie descente blues, et c'est un phrasé qui a deux avantages. Sans altérations, d'abord, il est assimilable rapidement ; en second lieu, il sonne encore mieux avec des bendings, ainsi quand vous les connaîtrez, vous pourrez les inclure.
Débutant :
-7 -6 +6 -5 -4 +4 -3 -2 +2 -2
Niveau rythmique, on jouera cette descente idéalement en ternaire. Elle tient sur une mesure de 4 temps, chaque note ayant valeur d'une croche (en ternaire 1 noire = 3 croche) sauf la dernière : le -2 final compte pour une noire, et se prête justement très bien à un vibrato (puisque la noire vaut trois tiers-temps, on la démarrera sur le 1/3, et on amènera deux modulations de vibrato sur le 2/3 et le 3/3).
Avancé :
-7 -6 +6 -5 -4 +4 -'3 -2 -''2 -2
Voici le même phrasé mais avec les bendings. Il sont difficiles à inclure tant qu'on ne sais pas les déclencher vite et à la bonne hauteur, mais cela peut constituer un très bon entraînement d'essayer tout doucement.
Avancé-confirmé :
-6 -7, -8 -7 -6 +6 -5 -4 +4 -'3 -2 -''2 -2
Et voici la descente enrichie avec un autre phrasé emprunté à Sugar Blues.
Le tout en vidéo :
Pour finir, voici les transcriptions en degrés de ces phrasés. C'est très utile pour se familiariser avec la structure cachée derrière les tablatures.
3-2-1-7m-5-4-3-1-6-1
3-2-1-7m-5-4-3m-1-7m-1
2-3-5-3-2-1-7m-5-4-3m-1-7m-1
(Je vous fais grâce des chiffres romains car ce n'est vraiment pas agréable à la lecture)
Bonjour ! Dans l'exercice qui suit, vous travaillez le tongue-blocking, cette technique géniale qui permet de tirer de votre harmonica une richesse harmonique décuplée. Si cela vous pose trop de difficultés, essayez un autre article. Je vous propose dans un premier temps d'examiner ces notes, tirées d'un cours avec un jeune élève très prometteur qui arrive à jouer des tongue-blocking les yeux fermés :
Tout d'abord, vous remarquez le schéma avec les points et les vecteurs. C'est quoi ce truc ? Il représente les mouvements que l'on effectue en jouant cet exercice. On commence par souffler (premier point) puis on aspire (second point, qui monte), puis on aspire toujours, mais en se déplaçant d'un trou vers la droite (troisième point vers la droite), etc. Une fois arrivé à la dernière étape, on reprend tout dans le sens inverse, raison pour laquelle les flèches vont dans les deux sens.
Maintenant qu'on voit à peu près le chemin, que joue-t-on précisément ? Utilisez les tablatures (marquées en vert) en-dessous. Comme d'habitude, les + signifient qu'on souffle, les - signifient que l'on aspire, et les parenthèses encadrent les notes qui sont jouées avant le tongue slap, c'est à dire avant que la langue ne viennent boucher ces trous. Attention, au-delà des deux premiers tongue-blocks, vous ne jouez plus des accords/notes, mais des accords/octaves. C'est plus difficile !
Les deux cercles bleus et les indications "3 fois" et "1 fois" vous serviront si vous souhaitez tout d'abord vous exercer en faisant tourner seulement les deux premiers tongue-blocks.
Dans la vidéo qui suit, je vous joue l'exercice à vitesse rapide. Puis lentement, en vous indiquant le schéma des vecteurs ; ensuite, je vous montre simplement le sens du souffle (soufflé ou aspiré). Tout à la fin, je vous fais tourner juste les deux premiers tongue-blocks, qui sont bien utiles si vous souhaitez vous entraîner.
Bonjour ! Comment ne pas craquer pour la reprise de Zaz de cette magnifique chanson de Daniel Balavoine, à l'occasion de la sortie de l'album de reprises "Balavoine(s)" ? On connaît déjà "Paris sera toujours Paris", qu'elle avait chanté il y a quelques mois, et le titre qui l'a rendue célèbre, "Je veux". Je ne suis pas spécialement un grand fan de cette chanteuse à la base, mais j'ai été tout de suite séduit.
Je vous propose les tablatures afin de jouer la mélodie. Si vous voulez accompagner la musique, vous devrez vous munir d'un harmonica en Bb, car c'est la tonalité de ce morceau. Néanmoins, vous pouvez tout-à-fait utiliser votre harmonica préféré pour jouer dans la tonalité que vous voulez (mais cela ne sera pas en accord avec celle du morceau). Si vous avez vraiment envie d'accompagner la musique, il vous faudra utiliser un logiciel de retraitement audio pour bidouiller avec les tonalités, mais le plus simple reste d'acquérir un nouvel harmonica en Bb !
Couplets :
+6(cinq fois) -5 +5 -4 +4
Comme un fou va jeter à la mer
+3 +4 -4 +5 -4 -4 +4 -4,
Des bouteilles vides et puis espère
+4 -4 +5 +5 +6 +6 -5,
Qu'on pourra lire à travers
+6(cinq fois) -5 +5 -4 +4
S.O.S. écrit avec de l'air
+4 -4 +5 -4 -4 +4 -4,
Pour te dire que je me sens seul
+4 -4 +5 +5 +6 +6 -5,
Je dessine à l'encre vide
-6 -6 +6,
Un désert
+6 -6 +7,
Et je cours
+6 +6 +6 -7 +6 -5 +5,
Je me raccroche à la vie
+4 +6 +6 -5 +4 -4 +5,
Je me saoule avec le bruit
+5 -4, +6 -6 +7 +6 -6,
Des corps qui m'entourent
+6 +6 +6 -6 +6 -5 +5 +5,
Comme des lianes nouées de tresses
+4 +6 +6 -5 +4 -4 +5,
Sans comprendre la détresse
+5 -4 +4 -3 +3 Des mots que j'envoie
Refrain :
-6(sept fois)
Tous les cris les S.O.S.
-6 -6 -6 -7 -6
Partent dans les airs
-6 -7 -8 +7 +7 +5 -5
Dans l'eau laissent une trace
+7 -7 +7 -7 -6 +6 +5 -7 -6
Dont les écumes font la beauté
Note : cette version est optimisée pour les débutants qui ne maîtrisent pas encore les altérations, aussi certaines notes ont été modifiées pour sonner juste mais sans correspondre exactement à la mélodie originale. Si vous souhaitez jouer cette chanson sans arrangement, il va falloir travailler vos bendings. Bon courage !
Salut ! Voici l'exercice du boogie que nous avons vu dans cet article : mais cette fois, il est spécialement enrichit pour tous ceux qui travaillent les altérations. Si vous êtes en passe de les réussir, ce morceau vous permettra de les mettre en pratique, de vous entraîner à enchaîner rapidement les bendings et de jouer en rythme.
Dans la vidéo suivante, je vous propose un thème principal, répété trois ou quatre fois. Puis, vous avez une petite improvisation, qui je l'espère vous donnera des idées pour inventer les vôtres !
L'harmonica utilisé est en tonalité Bb, néanmoins vous pouvez utiliser n'importe quel harmonica. Voici les tablatures du thème principal :
-123 -2 +2 -2, -''2 -1
-123 -2 +2 -2, -'3
-123 -2 +2 -2, -''2 -1
-'4 -4, -->-2 -2
Notes : Le signe "-->" signifie "glissando" jusqu'au trou suivant.
Le phrasé -'4 -4 peut être alterné avec -'4 -4 -'4
Le phrasé -123 -2 +2 -2, -'3 peut être alterné avec -123 -2 +2 -'3
A l’harmonica, les positions correspondent aux gammes. Il y
a la première position, la seconde, la troisième… Jusqu’à douze. Douze, comme
le nombre de gammes existantes : do, ré bémol, ré, mi bémol, mi, fa, sol
bémol, sol, la bémol, la, si bémol, et enfin, si. Sachant que ré bémol = do dièse, mi bémol = ré dièse, etc.
Je vous propose de nous pencher sur les deux positions les plus connues : la première et la seconde. La première position
En première position, on joue sur la tonalité d’origine de
l’harmonica. Par exemple, en do sur un harmo en do.
Première octave : trous 1 à 4
+1 = do = I
-‘1 = réb = II mineure
-1 = ré = II
+2 = mi = III
-‘’2 = fa = IV
-‘2 = solb = V diminuée
-2 = sol = V
-‘’3 = la = VI
-‘3 = sib = VII mineure
-3 = si = VII
+4 = do = I
On remarque que des bendings sont nécessaires pour obtenir
la quarte et la sixième. Autrement dit, pour jouer une simple gamme majeure, il
faut déjà maîtriser le bending complet des trous -2 et -3. Aoutch.
Grâce aux altérations, on peut aussi jouer la V diminuée et la VII
mineure, très importantes pour sonner blues.
Rappel gamme blues : I, III mineure, VI, V
diminuée, V, VII mineure, I.
La seconde mineure est moins essentielle, mais bonne à
prendre. Par exemple, si on joue la mélodie suivante :
II-IIm-I-I(sup)-VIIm
Cela nous donne un phrasé blues bien sympa.
Néanmoins, pas d’accès à la III mineure (à moins de maîtriser
les overblows bas), ce qui pose une limite importante car c’est une des notes
signature de la gamme blues.
Si, au fil de cette lecture, vous vous sentez comme ça :
Alors je vous conseille de vous arrêter là et d'aller respirer un peu d'air dehors, puis de prendre votre temps pour vous familiariser avec les gammes, pour commencer. Si les tablatures vous posent problème, sachez que le + signifie soufflé, le - signifie aspiré, le chiffre correspond au numéro de trou et l'apostrophe signifie une altération sur un demi-ton (deux apostrophes = altération sur un ton entier).
Deuxième octave : trous 4 à 7
+4 = I
-‘4 = II mineure
-4 = II
+5 = III
-5 = IV
+6 = V
-‘6 = VI mineure
-6 = VI
-7 = VII
+’7 = VII
+7 = I
Là, c’est moins compliqué, mais il y a quand-même une
difficulté : au lieu d’alterner les soufflés puis les aspirés (+4, -4, +5,
-5, +6, -6.) la sixième et la septième se jouent en aspiré (-6, -7), et cette
rupture en déroute plus d’un.
On peut se demander à quoi sert le bending soufflé du 7, qui
donne la VII, sachant qu’on peut déjà jouer cette VII grâce au -7.
La réponse, c’est qu’enchaîner le +’7 et le +7 donne un
effet blues. Par ailleurs, cela permet aussi de moduler la note avec un
vibrato-bending.
Les notes blues sont très limitées dans cette octave, on
n’accède ni à la III mineure, ni à la V diminuée, ni à la VII mineure. On doit
se contenter de la II mineure et de la VI mineure, c’est difficile (mais
possible) de sonner blues avec si peu.
Troisième octave : trous 7 à 10
+7 = I
-8 = II
+’’8 = II
+’8 = III mineure
+8 = III
-9 = IV
+’’9 = IV
+’9 = V diminuée
+9 = V
-10 = VI
+’’10 = VII mineure
+’10 = VII
+10 = I
Ça devient chaud : dans les octaves inférieures et
moyenne, on jouait un trou soufflé, puis le même trou aspiré pour obtenir la
note au-dessus, alors que dans cette octave supérieure, ça s’inverse car on
joue un trou soufflé, puis le trou suivant aspiré pour jouer la note au-dessus.
Ce qui peut dérouter… Et en plus, il est très difficile d’obtenir la sensible
(VII) et la septième mineure (VII m), à moins de maîtriser l’un des bending les
plus ardus : le légendaire +’’10
On peut néanmoins jouer la III mineure et la V diminuée,
mais difficile de les tenir sans que l’aiguille de l’accordeur chromatique ne
s’affole.
Cela s’appelle la première position : on joue sur la
tonalité d’origine de l’harmo. En comparaison de la seconde position, la
première pose des défis importants pour sonner blues. Néanmoins, dès qu’on
bascule dans le folk, la variété ou le classique, aucun souci.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la première position donne
des avantages certains pour accompagner un groupe sur un morceau joué en mode
majeur, ou pour jouer de la variété française, par exemple. « La vie en
rose » d’Edith Piaf est très agréable à jouer sur cette position.
On verra par la suite que la seconde et la troisième
positions sont parfaites pour le blues, moins pour la variété, et qu’elles
posent des contraintes nouvelles (par exemple en 2nde position on ne
peut accéder qu’à deux octaves, au lieu de 3 en 1ère position).
la seconde position :
Notre bien aimée seconde position ! "Cross-position" en anglais,
elle est idéale pour le blues. Elle commence par une fin d'octave, puis deux octaves pleines, et finit par un début d'octave. Donc quatre sections, tandis que la première position n'en comportais que trois.
Sur un harmonica en C, la seconde position correspond à la gamme de G. C'est à dire la quinte de la tonalité de la première position. L'ordre des positions suit cette logique de quinte en quinte : la troisième position aura pour tonique la quinte de G, qui est D ; la quatrième position aura pour tonique la quinte de D, qui est A ; et ainsi de suite.
Fin d'octave basse
+1=IV
-'1=Vm
-1=V
+2=VI
-''2=VIIm
-'2=VII
-2= I
+3=I
Quelle pléthore de notes en si peu de place ! Sept possibilités sur
seulement deux trous, grâce aux bendings. La seconde position est un peu
décalée sur l'harmonica : elle commence par la quarte, et il faut monter
jusqu'aux trous -2/+3 pour avoir la première tonique.
Shéma de la seconde position. Repirez, inspirez, prenez un Advil.
En cross-position, les trous de l'harmonica où les bendings aspirés sont les
plus puissants et expressifs (-2, -3 et -4) sont ceux sur lesquels tombent les
meilleures notes, celles qui sonnent blues. On accède ainsi à une palette de
jeu magnifique, et on peut notamment faire "glisser" une septième
mineure jusqu'à la tonique au-dessus, ce qui est une des figures mélodiques
caractéristiques de l'harmonica. Ces trois trous sont aussi ceux ou le vibrato
par la gorge pourra s'exprimer pleinement (ils tombent sur la tonique, la
tierce et la quinte).
La première octave complète se présente ainsi :
Octave basse
-2=I
+3=I
-''3=II
-'3=IIIm
-3=III
+4=IV
-'4=Vm
-4=V
+5=VI
-5=VIIm
+6=I
On utilisera assez peu le sixième degré (+5) en blues pur et dur. Mais la
seconde position est utile pour jouer dans d'autres styles, et parfois c'est
agréable d'avoir accès à toutes les notes de la gamme majeure... sauf la
septième ! Celle-là va se faire cruellement désirer pour sortir de la gamme
blues et gagner en délicatesse. La sensible pourra néanmoins s'obtenir avec
l'overblow du +5.
Octave haute
+6=I
-'6=IIm
-6=II
-7=III
+'7=III
+7=IV
-8=V
+'8=VIm
+8=VI
-9=VIIm
+'9=VII
+9=I
L'octave haute a un gros défaut : pas de tierce mineure. Mais au fil de
l'histoire, les harmonicistes se sont joués de ce handicap apparent, en
inventant des mélodies inédites, par exemple en la substituant par la seconde
mineure, ce qui donne au blues un côté "hard". Aujourd'hui on peut
tout à fait jouer la tierce majeure au milieu d'un blues, cela donne une
couleur un peu jazz et de toutes façon, les plus grands y ont abondamment
recours (par exemple Sugar Blues n'arrête pas de mélanger tierces mineures et
majeures dans Hoochie-Coochie). Le plus simple reste d'apprendre l'overblow du +6 si l'on souhaite disposer d'une tierce mineure ici.
Attention aux notes suraiguës. Il vaut mieux
s'en servir avec parcimonie, et placer quelques aigus aux moments clefs d'un
morceau, pour créer un effet de surprise. Le public appréciera, mais se lassera
vite si l'on s'attarde trop haut dans cette octave.
Demi-octave haute
+9=I
-10=II
+''10=IIIm
+'10=III
+10=IV
Les dernières notes donnent les premiers degrés d'une octave coupée au
quatrième degré. Difficiles à jouer, encore plus à altérer, cela vaut néanmoins
la peine de s'entraîner régulièrement au légendaire bending du 10, surtout la nuit si l'on
veut rendre fous ses voisins. Pour écouter un bending du 10 absolument parfait, vous pouvez écouter ce morceau de Jean-Jacques Milteau, et régler la vidéo sur 2:00. Vous entendrez quatre bendings du +9 suivis d'un monumental +10.